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Chères amies et chers amis du Séminaire,
En tant que directeur du séminaire, je reçois souvent les commentaires des gens qui me donnent leur opinion sur ce que les futures pasteurs et pasteures devraient apprendre. En ce temps de changement au sein de l’Église, les bonnes idées ne manquent pas et nous écoutons attentivement toutes les suggestions que nous recevons. Alors que je réfléchis à une autre année de formation offerte par le séminaire, je m’aperçois que nous mettons l’accent sur trois compétences.
Premièrement,il y a un savoir-faire. Nous voulons que nos diplômés soient capables d’offrir des prédications de qualité, d’animer des cultes inspirants, d’apporter du leadership à la communauté de foi qu’ils servent. Pourtant, peu importe le temps dont nous disposons, nous ne pourrons jamais enseigner tout ce dont ils auront besoin pour s’épanouir dans leur ministère. C’est pour cela que je répète souvent que le savoir-faire le plus important à acquérir, c’est le fait de reconnaître quand ils ont besoin d’aide. Le ministère, tout comme la vie elle-même, apporte son lot de défis que nous ne pouvons pas relever tout seuls, mais si nous sommes capables de demander de l’aide et de travailler en équipe, nous pouvons y arriver. Moi-même, j’essaie d’en donner l’exemple. Il y a une quantité d’aspects de mon travail pour lesquels je n’ai jamais été formé, je me retrouve donc souvent à demander de l’aide.
Deuxièmement, il y a une imagination. Nos étudiants et étudiantes passent de longues heures à étudier notre tradition chrétienne commune. Mais le but de cet apprentissage ne devrait pas être simplement de retenir des dates importantes ou de déterminer qui est l’auteur de la lettre aux Éphésiens.
Le but, c’est de développer une imagination théologique permettant de mener à bien notre ministère en dialogue avec la tradition héritée et les contextes où nous servons. Et quand je parle d’imagination, il ne s’agit pas d’inventer ni de vivre dans des fantaisies. Au contraire, notre imagination se développe à partir de nos expériences en tant que créatures incarnées, attirées par la beauté, l’amour et les relations. Notre expérience de Dieu a lieu non seulement dans nos têtes, mais dans notre vécu humain. C’est ce vécu qui nous conduit à l’émerveillement devant la majezsté de l’œuvre de Dieu. Je souhaite que nos étudiants et étudiantes intègrent le tout dans une imagination cohérente pour les contextes où ils seront appelés à servir.
Enfin, une question. Le modèle d’Église dont nous avons hérité, basé sur le rôle d’une personne du clergé, professionnelle, salariée et servant une seule communauté de foi, est aujourd’hui mis à rude épreuve. Il ne faut pas oublier que ce modèle est relativement nouveau dans l’histoire millénaire de l’Église. Une partie de notre travail aujourd’hui est de créer de nouvelles manières d’être ensemble comme disciples de Jésus. La question que je voudrais que les étudiants et étudiantes se posent quand ils songent au ministère est la suivante : à quoi sert l’Église maintenant ? L’Église n’est pas qu’un groupe qui s’occupe de garder un bâtiment ouvert. C’est une communauté qui se rassemble pour prier, pour adorer, pour chanter ensemble, pour lire les Écritures et pour se mettre au service du monde. Tout cela peut varier selon les contextes, mais si nous gardons cette question à l’esprit, nous pourrons traverser cette période de transition plus facilement. Les réponses varieront par rapport à celles du passé, mais avec une imagination réceptive et une aptitude à demander de l’aide, je suis persuadé que nos étudiantes et étudiants sont formés pour offrir du leadership dans les nouveaux modèles d’Église auxquels Dieu nous appelle.
Fraternellement,
Le Pasteur Jesse Zink, PhD
Directeur